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Escale
Hong Kong
Pier N°09 - Maritime Museum
L'escale en quelques chiffres
22 vingt-deuxième escale
385 scolaires reçus à bord
1310 invités officiels
Pier N°09 - Maritime Museum Octobre 2019 - Janvier 2020

Hong Kong

Hong Kong accueille la 22ème escale de l'odyssée Race for Water du 23 octobre 2019 à la mi-janvier 2020. Nos équipes y ont déployé les programmes de la Fondation avec encore une fois beaucoup de sensibilisation mais aussi de nombreuses rencontres afin de présenter le process Biogreen. La seconde partie du stopover, quant à lui, permet une vérification technique générale du catamaran, ambassadeur de la Fondation Race for Water.

Les temps forts de notre escale hongkongaise en photos

Hong Kong : bilan du département ACT par Camille Rollin

Durant chaque escale, l’équipe de Race for Water s’efforce de rencontrer un maximum d’acteurs locaux qui touchent de près ou de loin la problématique de la pollution plastique. Un des objectifs étant de comprendre le contexte local, d’apprendre et partager toujours plus sur cette catastrophe environnementale mondiale.

Contrairement aux escales précédentes, il n’y a pas eu de visite des décharges cette fois-ci, ou autres infrastructures de gestion des déchets. Cependant les échanges ont été nombreux avec des activistes environnementaux, des entreprises qui agissent sur le sujet ainsi que des responsables gouvernementaux. Ces rencontres ont notamment permis de mettre le doigt sur les problématiques que connaissent aujourd’hui les pays industrialisés, submergés par des volumes gigantesques de déchets plastiques, et qui se sont retrouvés dépourvus d’infrastructures suffisantes quand la Chine a soudainement décidé, fin 2017, de ne plus traiter les déchets supposés recyclables de l’étranger à cause des conséquences environnementales et sociales engendrés par ce business.  Hong-Kong était alors à la fois une plaque tournante des déchets étrangers vers la Chine Continentale mais profitait également des débouchés attractifs de cette dernière pour ses propres déchets notamment plastiques.

Durant le traditionnel atelier « Plastic Waste to Energy » organisé à bord du navire Race for Water sur chaque escale – qui vise à réunir les secteurs public, privé et la société civile pour parler de la problématique plastique – M. W.Y Wong, du Département hongkongais de la protection de l’environnement, a ainsi commencé son intervention par le challenge que représente le plastique en tant que déchet à gérer. Les coûts nécessaires à sa collecte, son tri, son nettoyage et sa préparation pour être effectivement recyclé sont énormes. En 2017, alors que la Chine Continentale n’avait pas encore fermé ses portes aux plastiques, sur les 900 000 tonnes générées à Hong-Kong, seules 120 000 tonnes ont été collectées pour être recyclées. 83% sont alors partis en Chine, 5% dans d’autres pays d’Asie et seul 12% ont été recyclés localement. Pour le reste des déchets plastiques, soit 780 000 tonnes, pas d’autre issue possible que l’enfouissement en décharge. La mégalopole hongkongaise en compte trois actuellement en service qui auraient déjà toutes dépassées leurs capacités.
Les chiffres 2018 sont attendus d’ici la fin du mois de novembre. La part d’enfouissement s’annonce encore plus importante faute de débouchés.

Monsieur Wong nous a alors présenté le projet pilote que le gouvernement vient de lancer pour deux ans sur la collecte des déchets plastiques ménagers. Aujourd’hui, seules 10 000 tonnes sont récupérées par la ville auprès des ménages. Le faible taux de collecte est apparemment principalement lié à un manque de confiance de la population dans le système de recyclage. L’objectif de ce pilote est donc de tester une collecte des plastiques, gratuite à domicile, dans trois quartiers représentatifs du territoire (Est, Kwun Tong et Sha Tin). Les déchets plastiques collectés seraient ensuite transformés localement en matière première ou directement en produits recyclés afin que la population retrouve confiance dans toute la chaîne.

Le pilote devra également couvrir les déchets plastiques des écoles et des organismes publics et prévoit l’établissement de points de collecte mobiles, ainsi que des activités éducatives pour encourager un plus grand public à participer au recyclage des déchets plastiques. Les données obtenues et l’expérience acquise serviront ensuite à la mise en œuvre du service sur l’ensemble du territoire.

L’annonce de ce pilote a été accueillie de façon mitigée par les participants du workshop, notamment quand il a été question du budget alloué au projet, qui semblait en effet bien limité face à ses ambitions. Et sur la réelle possibilité de recycler tous ces plastiques quand on sait qu’une grosse partie pose des problèmes sanitaires ou ne sont pas mécaniquement recyclables.

C’est d’ailleurs pour cette raison que la Chine a fermé ses portes. 30 à 40% des plastiques qu’elles recevaient de l’étranger ne pouvant être recyclés, terminaient dans la nature ou brûlés à ciel ouvert engendrant une grave pollution de l’air, des sols et de l’eau, et des problèmes de santé pour les populations avoisinantes.

Nombreux sont donc nos interlocuteurs qui ont déploré le manque d’intérêt sérieux du gouvernement sur les questions environnementales. La production énergétique encore principalement faite au charbon et la gestion des déchets restée basique, en sont clairement les points noirs. Le territoire dégage pourtant près de US 15 milliards de bénéfices chaque année et aurait les capacités d’être exemplaire.

Nous avons reçu la visite de M. Wong Kam Sing, ministre de l’Environnement de Hong Kong, conjointement avec plusieurs représentants du Bureau de l’Environnement et de l’Agence de Protection de l’Environnement. Ils ont également invité 15 « héros de la propreté du littoral » sélectionnés parmi les organisations locales qui luttent contre la pollution plastique dans la baie de Hong Kong.

M. Wong Kam Sing nous a alors affirmé que la lutte contre la pollution plastique faisait partie des sujets majeurs discutés par le gouvernement et que les six points d’actions suivants étaient actuellement à l’étude :

– l’implémentation d’un système de responsabilité des producteurs de bouteilles en plastique
– un régime de taxe environnementale sur les sacs plastiques
– la réduction des emballages plastiques dans l’industrie de la vente au détail
– l’élimination des microbilles en plastique dans les produits de beauté
– le déploiement de fontaines à eau intelligentes et des campagnes éducatives au zéro plastique sur les campus scolaires
– un projet pilote de déjeuners sans plastique dans les écoles primaires et secondaires

Espérons que ces engagements ne se limitent pas à des effets d’annonce et que ces actions soient déployées rapidement. Car au regard du mode de consommation locale, bien peu des 7.5 millions d’habitants ne semblent conscients des montagnes de déchets qui s’accumulent autour de leur ville et de l’urgence qu’il y a de réduire ces volumes. A commencer par le suremballage omniprésent dans les magasins et la quantité de plats à emportés vendus chaque jour, souvent dans du polystyrène, pour nourrir une population hyper active qui n’a pas une minute à perdre.

Doug Woodring, fondateur de l’ONG Ocean Recovery, est également intervenu durant le workshop et nous a donné quelques éléments contextuels. La quantité de bouteilles en plastique consommées chaque année par exemple, peut, à elle seule, recouvrir l’entièreté du Port Victoria. Cela représente près de 5 millions de bouteilles consommées par jour. L’eau est pourtant potable à Hong Kong.

Cependant pour Doug, la pollution plastique des eaux hongkongaises provient majoritairement dudelta du fleuve Pearl, en Chine Continentale, où vivent 80 millions de personnes, et où la mauvaise gestion des déchets conjuguées avec les grosses chutes de pluie saisonnières provoquent de véritable tsunami de déchets sur les côtes hongkongaises qui se trouvent à l’embouchure. Ce phénomène se répète quasiment chaque année ; pourtant rien n’est mis en place pour, au moins, essayer de récupérer le gros de l’hémorragie.

Les conséquences sont visibles jusque dans les profondeurs comme le montre les quantités de déchets découvertes par nos équipes au côté d’Harry Chan qui nous a guidés vers une véritable décharge sous-marine située dans une baie de l’Ile de Lamma. Ce sexagénaire à la retraite se bat corps et âme pour préserver l’océan notamment contre les filets fantômes et les déchets plastiques qui s’accumulent sur les fonds marins. Il organise régulièrement des nettoyages sous-marins et communique largement sur ces tristes trésors maritimes afin d’éveiller les consciences. Surtout que la baie dans laquelle nous avons plongé, héberge également des élevages de poissons, et accueille tous les week-ends de nombreux touristes qui viennent s’y baigner et déguster les spécialités de fruits de mer…

Harry n’est pas le seul à se battre contre ces modèles destructeurs. De nombreuses ONG se sont créées sur l’île pour sensibiliser les communautés et pousser les décideurs au changement. Les distributeurs de produits en vrac se multiplient et des influenceurs s’activent sur le sujet des alternatives.

Doug Woodring partage également notre vision sur le fait que le plus grand pouvoir et devoir de changement se place au niveau des entreprises. Mais il note un manque de règles et d’incitations. Ce qui conduit à cette production excessive de déchets. « Tout détaillant et producteur peut faire ce qu’il veut aujourd’hui et n’a aucune obligation de récupérer ses emballages, et donc de les rendre totalement recyclables, ou faciles à traiter. Ce sont pourtant eux qui les mettent sur le marché. Ils doivent donc trouver les moyens de donner une seconde vie à leurs emballages. »

Certaines entreprises l’ont bien compris et se mettent en marche. C’est le cas du Groupe Carrefour, dont nous avons pu rencontrer le responsable développement durable pour l’Asie, Romain Zanna-Bellegarde, qui nous a montré comment l’enseigne a réussi sur une seule décision à stopper l’usage de 50 millions de sacs plastiques à usage unique. Ces « polybags » sont utilisés massivement pour transporter et protéger des produits depuis leur site de production jusqu’aux sites de distribution. Carrefour emballait individuellement chacun de ces articles vestimentaires conçus en Asie et vendus en Europe. Ils ont tout simplement cessé cette pratique, jugée inutile et nocive, et prône aujourd’hui le transport en vrac. Ils explorent également les alternatives aux plastiques notamment pour les denrées alimentaires, comme ces barquettes fabriquées à base de déchets de rizières, qui sont actuellement testées en Europe dans certains de leurs supermarchés. Ils cherchent surtout à impliquer d’autres entreprises afin de gagner du poids auprès de leurs fournisseurs et les pousser à réduire leur usage du plastique.

Doug prône en ce sens, pour plus d’incitations financières comme des réductions d’impôts, qui permettraient d’inspirer plus d’innovation, et plus d’entrepreneurs à investir dans des infrastructures ou des nouvelles technologies permettant de répondre au défi complexe et global qu’est la pollution plastique.

Nombreuses sont donc les initiatives pour lutter contre la pollution plastique mais le défi est encore loin d’être gagné. Le temps presse pour que Hong Kong (ses entreprises, son gouvernement et ses habitants) prenne conscience de la valeur de son environnement et ne mettre pas en péril la santé de la population et la richesse de la biodiversité locale.

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