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En direct du bord 12 mars 2020

Beach Clean Up à Okinoerabu…

Sur l'île d'Okino-Erabu, trois jeunes filles laisseront un souvenir impérissable à l'équipage de Race for Water.

Lili, 11 ans, Hana, 9 ans et Mei, 6 ans s'investissent depuis des années dans la protection de leur environnement et entrainent dans leur sillage une partie de la population.... Bravo les filles!

Lors d’un Beach Clean Up, quotidien pour les trois filles de la famille SAO, l’équipage de Race for Water les a accompagnées.
Christelle Brigeot-Mathieu nous en livre le récit….

« Ce mercredi 11 mars,  nous avons rendez-vous à 9 heures au Tourism Information Center avec la famille SAO et notamment les 3 filles de la famille: Lili, 11 ans, Hana, 9 ans et Mei, 6 ans. Nous les avions rencontrées pour la première fois lors de notre arrivée sur OkinoErabu ; elles nous avaient accueillis avec un gros bouquet de fleurs et de larges sourires…

Eijiro (directeur du tourism information center), qui vient nous chercher au bateau pour nous conduire au rendez-vous, arrive avec une première surprise: sa maman Mia, énergique femme japonaise de 72 ans, qui tous les matins nettoie la plage en bas de chez elle. Elle est très intéressée par le bateau. Pendant la visite, elle nous parle du plastique qui arrive tous les matins sur la plage selon les marées et du changement qu’elle perçoit depuis qu’elle habite ici (20 ans): les déchets plastiques sont toujours plus nombreux notamment de gros blocs de polystyrène utilisés pour la pêche et qui se désagrègent et dans l’eau et sur la plage.

Nous voilà parti pour notre rendez-vous avec la famille SAO. Dans une salle nous retrouvons Lili, Hana et Mei accompagnées de leur petit frère, de leurs parents et de Taeko notre traductrice. Pendant une vingtaine de minutes les filles vont nous présenter leur initiative: le « «Beach Clean Up en allant à l’école » grâce à un Powerpoint !

Cette initiative est née d’un devoir estival sur l’environnement demandé par leur parents : elles devaient faire ensemble quelque chose pour l’environnement avec leurs propres moyens et le documenter. Elles ont donc choisi de nettoyer une plage près de chez elles. Ce devoir estival est devenu une habitude quotidienne qu’elles ont reprise avec la rentrée des classes en y mettant quelques règles.


Les règles de cette initiative environnementale sont les suivantes:
– 15 minutes de ramassage
– 15 minutes de jeux sur la plage
– Auto financement (gants-sacs-pinces-déchetterie)
– Sauf les jours de pluie et de grasse matinée 🙂

Elles ont également commencé à prendre des notes sur les déchets retrouvés notamment les codes barres sur les bouteilles en plastiques afin de connaître leur provenance. Elles se sont fabriquées des petits cartons anti-sèches afin d’identifier facilement les bouteilles sur la plage.

Leur constat est que l’hiver quand le vent souffle du Nord,  les bouteilles sont majoritairement de Chine ou de Corée, et en été quand le vent souffle du Sud les plages se recouvrent de bouteilles en provenance d’Indonésie, de Malaisie ou du Vietnam. Tout ceci est consigné dans leur carnet avec l’action des principaux courants, des vents, des marées, de la lune…

Nous sommes ensuite partis pour la plage d’Idashichi, petite plage prisée des touristes l’été et des tortues pendant la période de ponte. Après s’être faufilé sur un petit sentier peu entretenu et très vert, la plage s’est dévoilée… Quelle vision d’horreur !!!

La plage est couverte de bouteilles en plastique, en verre, de ballots plus ou moins gros de polystyrène en train de se dégrader sur le sable, de chaussures, de boules de pêcheurs, de filets…. Et surtout de micro plastiques sur tout le sable. La vue de cette plage est presque insoutenable. On ne peut s’imaginer poser sa serviette et encore moins des tortues venir pondre dans cette décharge.

Allez… C’est parti pour 15 minutes de ramassage. Lili distribue les gants, Hana les sacs et Mei les pinces qui servent bien pour ramasser les objets dangereux, tessons de bouteilles, ampoules en tout genre et même seringues…!!!

 

Nous sommes une quinzaine à ramasser. Au bout des quinze minutes, une vingtaine de sacs et une dizaine de ballots de polystyrène sont amassés à l’entrée de la plage.

 

Nous pouvons constater le résultat : la plage est plus propre mais reste encore polluée. La famille SAO reviendra sur cette plage pendant quelques jours encore…

Le constat le plus décevant est celui du micro plastique et des billes de polystyrène.

Il est difficile de les ramasser car la taille des morceaux est très petite et leur nombre est spectaculaire. Il est certain que cela restera dans le sable pour encore des milliers d’années. 

Aujourd’hui, c’est l’initiative de ces jeunes filles qu’il faut mettre à l’honneur. Depuis 2017, elles ramassent des déchets sur les plages tous les jours et si, depuis cette année, la mairie de China prend en charge les frais de déchèterie et les sacs, elles utilisaient auparavant leur argent de poche !!!

C’est en écoutant et en regardant ces 3 jeunes japonaises que nous pouvons être remplis d’espoir pour le futur de notre planète. Surtout que depuis 3 ans elles ont convaincu un cercle de plus en plus grand, sur l’île et dans tout le pays grâce aux réseaux sociaux et à des passages à la télévision nationale, de se mettre au Beach Clean Up.

Je suis très fière et reconnaissante d’avoir pu les aider aujourd’hui.

Arigatô gozaimasu ! Lili, Hana et Mei »

 

Crédit photos : Christelle Brigeot-Mathieu

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