1. Accueil
  2. Actualités
  3. Escale de Toulon - Posidonia Connect Mission Italie
Posidonia Connect - Mission Italie.
Journal de Bord d'Eric Loizeau.
Journal de bord - Odyssée - Science 26 mai 2026

Escale de Toulon - Posidonia Connect Mission Italie

25 MAI

Debout sur la plage arrière de Ganany je savoure ces instants suspendus dans le temps avec notre bateau stratosphérique qui glisse magique sur l’onde parfaite tiré par nos deux ailes de cygne le long des rivages corse tellement sauvages et magnifiques que l’on comprend que ces orgueilleux insulaires adorent leur pays. Nous venons tout juste de quitter Bastia où, après plusieurs péripéties dues aux aléas météo, avons récupéré Martin pour la fin du parcours jusqu’à Toulon. C’est toujours mieux d’avoir un ingénieur à bord!

Malgré tout , ça sent la fin du parcours et de la mission Italie Posidonia Connect. De la nostalgie déjà ! Les plongeurs ont rangé soigneusement leurs bouteilles et leurs équipements d’astronautes sous-marins et enfilé d’élégants polos blancs Race For Water pour marquer l'attachement à notre Fondation qui nous a réuni à bord pour ces moments intenses et charmants. Maintenant, il ne nous reste plus qu’à négocier au mieux les derniers pièges de cette imprévisible mer Méditerranée avec des calmes blancs « poteaunoiresques », les orages en moins, c’est heureux.

Et arriver à bon port à Toulon pour les dernières opérations médiatiques organisées par dame Camille pour clore notre mission, avant de remiser notre fier bateau au chantier de Saint Mandrier en préparation des prochaines navigations estivales. Quel bilan ? Tout d’abord, la fondation Race for Water, Océan Développement et le GIS Posidonie ont su réunir une équipe franco-italienne non seulement performante, mais aussi conviviale. Soit trois semaines de navigation sans anicroches majeures, sans un mot plus haut que l’autre, mais beaucoup de rires et sourires, un équipage au top, du capitaine Arnaud à l’intendante-cuisinière Marion en passant par la matelote lavandière Caro Caroline ! De leur côté, Plic et Ploc, alias Patrick et Bruno, nos chercheurs plongeurs des profondeurs posidoniaques ont réuni pour notre grand plaisir une formidable escouade de scientifiques italiennes qui se sont adaptées bien vite aux mœurs parfois bizarres de leurs partenaires bleu blanc rouge. Ce serait injuste aussi d’oublier dans ce bel aréopage Jean-Marc et Martin nos ingénieurs intermittents et bien sûr Camille, ma patronne, organisatrice de la globalité de cette aventure scientifique et médiatique qui a eu, entre autres, la bonne idée d’inviter à bord pour quelques jours la petite Marie, vulgarisatrice scientifique, influenceuse intelligente et habile pilote de drone parfois…

Malgré une météo peu coopérante, trop de vent pendant les sessions de plongée et insuffisamment lors des navigations, ajouté à quelques aléas administratifs dus à certains bureaucrates incompétents, peu compréhensifs, notre équipe de scientifiques plongeurs se déclarent satisfaite de cette exploration des côtes italiennes, sardes et napolitaines. C’est bien le principal ! Et cela pourrait augurer de futures expéditions dans d’autres secteurs de la Méditerranée. Nous avons eu également le loisir de faire admirer au public, aux navigateurs plaisanciers et amis de passage aussi, notre futuriste et formidable bateau sur lequel nous avons tant de plaisir à vivre et naviguer.

FIN DE L'AVENTURE POSIDONIA CONNECT RACE FOR WATER

Presque une semaine après la fin de cette mission Italie du projet Posidonia Connect, je ne reviendrai pas sur notre bel équipage et son formidable voilier électrique qui nous ont offert un superbe voyage méditerranéen.
Ambassadeur de la fondation depuis 2014, j'ai eu la chance de naviguer sur de remarquables navires, le trimaran MOD 70, le catamaran solaire, le MODX 70 aujourd'hui, avec des équipages tous aussi compétents et attachants les uns que les autres, mais c'est la première fois que nous quittons le bateau, tous, avec au fond du cœur un sentiment intense de vague à l'âme, espérant, tous, pouvoir revenir ensemble plus tard pour une nouvelle édition de ce projet vitale aux côtés de l'équipe GIS Posidonie. Mais le principal reste notre mission et ses résultats. Pour en avoir discuté avec Bruno et Patrick, cette collaboration avec nos amis transalpins s'est avérée fructueuse malgré des conditions météorologiques et diplomatiques pas toujours faciles. Les scientifiques plongeurs de l'Università degli Studi di Sassari et de la Stazione Zoologica Anton Dohrn se sont parfaitement intégrés à l'équipe française et ont réussi ensemble l'exploration de dix sites majeurs autour du nord de la Sardaigne et la baie de Naples. Ce partage de connaissances et leurs diverses investigations ont permis de prouver la pertinence du nouvel indicateur holistique (le fameux EBQI) qui évalue la santé des plantes de l'herbier et de tout l'écosystème qui va avec.
Toujours est-il que les conclusions de nos scientifiques sont plutôt mitigées concernant l'état de ces herbiers. « En effet », déplorent-ils, « malgré les mesures de protection prises par les institutions locales, malgré l'existence des AMP (Aires Marines Protégées), la Posidonie ne se porte pas au mieux, toujours exposée à de nombreuses agressions, spécialement celles des ancrages sauvages de plaisanciers plus ignorants que mal intentionnés ». Les solutions seraient de développer des zones de mouillages écologiques, de renforcer la surveillance, mais surtout prendre le problème à l'endroit et sensibiliser les plaisanciers en expliquant les enjeux de la protection des herbiers, bref, combattre l'ignorance.
Concernant mon regard de marin engagé dans ce combat pour la protection des océans, je me désespère toujours de cette méconnaissance — qui m'avait déjà frappée concernant les dangers ignorés des plastiques —, due plus à un manque d'information qu'à une absence d'intérêt. Pour cette raison, je rejoins tout à fait les efforts et les investissements de notre Fondation pour tenter d'éduquer les adultes et surtout les enfants. Ainsi, j'ai énormément apprécié le passage des jeunes et des plus âgés sur notre extraordinaire bateau, passionnés par la manne pédagogique des interventions brillantes de nos scientifiques, de l'équipage et des associations Océan Academy et la Fresque Océane partenaires pédagogiques de la mission. D'autre part, en parallèle de ces visites scolaires destinées à impliquer directement les jeunes générations, quelle bonne initiative d'avoir organisé de nombreuses rencontres avec les instances locales associatives ou gouvernementales afin de tisser des liens indispensables et stratégiques pour l'avenir de notre mission Posidonia Connect à laquelle nous tenons tous.
Pour conclure, je souhaite évidemment que nous puissions poursuivre notre travail dans les années à venir et cette collaboration parfaite avec le GIS Posidonie pour continuer ainsi à lutter ensemble pour la protection et la survie de la Méditerranée.  Je souhaite aussi que les gouvernements, les acteurs publics et privés s'intéressent enfin au sujet et puissent aider financièrement la Fondation à atteindre ses objectifs jusqu'à 2030, soit couvrir la quasi-totalité du bassin méditerranéen.

Eric Loizeau, le scribe.

Captain la Houle

Découvrez le Projet Posidonia Connect Mission Italie

Vous avez apprécié cet article ? partagez-le !