Le projet POSIDONIA CONNECT et cette première mission en Italie s'inscrivent dans la continuité des engagements de la France en matière de protection de la posidonie, habitat marin d’intérêt communautaire dont elle est l’un des pays les plus avancés dans la connaissance, le suivi et la gestion.
Porté conjointement par le GIS Posidonie et la Fondation Race for Water, ce projet réunit des chercheurs, gestionnaires, institutions, ONG et acteurs économiques de plusieurs pays afin de réaliser un diagnostic partagé de l’état de santé des herbiers marins et d’harmoniser les méthodes d’évaluation à l’échelle régionale selon une approche écosystémique.
À bord du MODX 70, navire ambassadeur zéro émission illustrant le leadership français dans l’innovation et la décarbonation du transport maritime, des équipes pluridisciplinaires mèneront des campagnes scientifiques, expérimenteront des protocoles communs et partageront leur expertise. Cette approche collaborative permettra de consolider un socle commun de connaissances, essentiel pour répondre aux exigences de la DCSMM et de la Convention de Barcelone, et pour améliorer collectivement les stratégies de conservation.

Les objectifs du projet.
Collecte de données scientifiques.
L’un des principaux objectifs de la mission est de collecter des données originales, robustes et exploitables sur l’état de conservation des herbiers à Posidonia oceanica.
Cette initiative s’inscrit dans la continuité des travaux menés par le GIS Posidonie sur le territoire français, notamment dans le cadre du projet Marha (Marine Habitats) soutenu par le programme européen LIFE, qui a permis d’évaluer la pertinence de l’indicateur EBQI (Ecosystem-based Quality Index; Personnic et al., 2014) pour l’écosystème « Herbier à Posidonia oceanica ».
La mission, qui partira de Marseille pour un retour à Toulon, prévoit le suivi d’une douzaine de stations réparties entre la Sardaigne et le golfe de Naples. Les descripteurs nécessaires au calcul de l’EBQI y seront appliqués. Cet indicateur repose sur l’évaluation des principaux compartiments fonctionnels de l’écosystème. Il intègre non seulement la vitalité et la structure de la plante (densité des faisceaux de feuilles, recouvrement), mais aussi les espèces d’invertébrés filtreurs-suspensivores (éponges, bryozoaires, etc.), les détritivores holothuries), les herbivores (oursins, saupes), les assemblages de poissons et les oiseaux marins piscivores (cormorans, etc.).
Harmonisation des méthodes et transfert de capacités.

Cette mission marque une première étape vers l’harmonisation des méthodes d’évaluation de l’état écologique des herbiers à Posidonia oceanica à l’échelle méditerranéenne. La Mission Italie Posidonia Connect permet un partage actif de connaissances avec la France, grâce à l’expertise et aux données déjà acquises par le GIS Posidonie sur le territoire national.
Elle permet également une collaboration renforcée entre scientifiques italiens et français pour adapter et améliorer l’EBQI, en tenant compte des spécificités biogéographiques de chaque région.
Et pour finir, celle-ci permet le transfert de compétences et la mise en œuvre de protocoles communs, répondant aux exigences des directives européennes (DCSMM, DHFF) et de la Convention de Barcelone qu’il est urgent de mettre en œuvre afin de mieux évaluer le bon état écologique des écosystèmes méditerranéens, en particulier des herbiers à Posidonia oceanica.
Des perspectives à plus long terme.
Cette mission n’est qu’une première phase. L’ambition est d’étendre ce mode d’action à d’autres zones méditerranéennes, afin de construire un indicateur robuste et homogène à l’échelle du bassin, et de mieux répondre aux enjeux de conservation et de gestion durable des écosystèmes marins.
L’objectif est de pouvoir couvrir l'ensemble du bassin méditerranéen en quelques années en ciblant : le bassin occidental (mer des Baléares, mer d'Alboran, Espagne), la mer Adriatique, la mer Ionienne, la mer Égée (Grèce-Turquie), le bassin levantin (Chypre).
Le GIS Posidonie dispose de partenaires scientifiques sur l'ensemble de ces régions qui pourront à leur tour contribuer à l'avancée du projet.
Nos partenaires scientifiques.
Le GIS Posidonie (Aix-Marseille)
Le GIS Posidonie est un Groupement d’Intérêt Scientifique créé en 1982 à l’initiative du ministère de l’Environnement français et du Parc national de Port-Cros sous le statut d’association loi 1901. Sous convention avec l’Université d’Aix-Marseille son siège et son équipe permanente sont hébergés dans les locaux mis à la disposition du MIO par l’Institut Pythéas et il a pour objet principal la recherche appliquée sur le milieu marin. Ses activités sont centrées sur le milieu marin côtier méditerranéen : conservation de la biodiversité, inventaires et cartographies des richesses patrimoniales, systèmes de surveillance, méthodes de suivi écologique, expertise, aide à la gestion. Dans le cadre de ces activités, le GIS Posidonie se positionne à l’interface entre la gestion, la conservation de l’environnement et la recherche académique.
Deux membres du GIS Posidonie embarqueront sur l’ensemble de la Mission Italie du projet Posidonia Connect.
Contact : Bruno Belloni & Patrick Astruch, ingénieurs de recherche au GIS Posidonie.
Universita degli studi di Sassari (Sardaigne)
L’université de Sardaigne, située au nord de la Sardaigne abrite une expertise reconnue en Méditerranée sur l’étude et la restauration de l’herbier à Posidonia oceanica.
Deux chercheurs d l’Université de Sardaigne rejoindront l’expédition lors de son passage pour échantillonner les secteurs des aires marines protégées d’Asinara, Capo Testa et
Tavolara.
Contact : Pr Giulia Ceccherelli et Dr Arianna Pansini.
La Stazione Zoologica Anton Dohrn (Naples)
La Stazione Zoologica Anton Dohrn est un institut de recherche en biologie marine de renommée mondiale, fondé en 1872, dédié à l’étude de la biodiversité, de l’écologie et des
processus fondamentaux des organismes marins.Son équipe de recherche sur les herbiers à Posidonia oceanica travaille activement à comprendre la dynamique, la résilience et la restauration de ces écosystèmes essentielsde Méditerranée, en combinant écologie, biologie moléculaire et approches innovantes de restauration.
Deux chercheurs rejoindront l'expédition lors de leur séjour dans le golfe de Naples et ses environs.
Contact : Dr. Núria Teixidó, Dr. Irene Olivé, Dr. Gabriele Procaccini.
Pourquoi une première mission en Italie ?
L'Italie abrite près de 20 % de la surface totale des herbiers méditerranéens. Leur régression a été documentée dès les années 1990, principalement sous l'effet de l'urbanisation côtière intensive, de la pollution terrestre et du mouillage anarchique. La prise de conscience a conduit à un renforcement progressif du cadre juridique :
1990-2000 : Intégration des herbiers dans le réseau Natura 2000 (Directive Habitats 92/43/CEE) et classement en Zones Spécialement Protégées d'Importance Méditerranéenne (SPAMI) sous la Convention de Barcelone.
2010-2020 : Mise en œuvre de la Directive Cadre Stratégie pour le Milieu Marin (DCSMM),obligeant l'Italie à atteindre un « bon état environnemental » des écosystèmes marins.
2024-2025 : Adoption de plans d'action nationaux et régionaux (ex: Piano d'Azione per la Conservazione della Vegetazione Marina) et financement de projets européens majeurs
(LIFE) ciblant spécifiquement la restauration et la gestion des mouillages non réglementaires.
Dans le cadre national, deux zones emblématiques illustrent cette trajectoire : En Sardaigne, la création d'Aires Marines Protégées dès les années 1990 (Asinara et Tavolara en 1997) a permis de freiner la dégradation, transformant ces sites en laboratoires vivants où la science participative (Tavolaralab) complète désormais les suivis institutionnels. Dans le Golfe de Naples, la réponse a été plus tardive mais structurante : face à une dégradation historique liée à l'urbanisation côtière dense, à l'industrialisation et au tourisme de masse, la région s'est dotée d'un réseau d'AMP reconnu (Punta Campanella, Parc sous-marin de Gaiola, Regno di Nettuno, Parc archéologique sous-marin de Baia). Ces zones servent aujourd'hui de référentiels pour étudier la résilience face aux stress climatiques (Ischia) et anthropiques.
Focus sur deux territoires pilotes.

Amp_Asinara
La Sardaigne abrite des sites de référence pour l'étude des herbiers à Posidonia oceanica : l'AMP d'Asinara (environnement non contaminé), Capo Testa (zones tampons adjacentes) et Tavolara (modèle pionnier de science participative via le programme Tavolaralab).
L'intérêt scientifique majeur réside dans les conditions environnementales distinctes du
littoral français : eaux plus oligotrophes (pauvres en nutriments) et températures moyennes plus élevées. Ces paramètres façonnent des communautés biologiques spécifiques en termes d'abondance et d'espèces.. Appliquer l'indicateur EBQI dans cette zone marine, avec l'Université de Sassari, permet de valider sa transférabilité dans des contextes écologiques variés.

Ischia Naples
Le golfe de Naples présente une diversité exceptionnelle de conditions environnementales, avec des sites aux conditions contrastées : Ischia (émissions de CO₂ et morphotypes «Posidonia Bonsai » adaptés à l'acidification naturelle), Capri et Sorrente (pressions touristiques intenses et urbanisation côtière), et Bacoli (site parmi les plus dégradés du golfe, idéal pour tester le protocole EBQI sur des habitats fortement impactés). Comme en Sardaigne, la température et l'oligotrophie influencent la structure des communautés associées à la Posidonie. En collaboration avec la Stazione Zoologica Anton Dohrn, la mission évaluera la résilience de ces écosystèmes face à des stress combinés (climatiques et anthropiques) et partagera les enseignements d'un suivi décennal.
Mobilisation citoyenne et sensibilisation en mediterranée.
La Mission sera l’occasion de partager, communiquer, sensibiliser le grand public, les décideurs, les gestionnaires de l’environnement aux enjeux de conservation de la Méditerranée, bien sûr dans le contexte omniprésent du changement global. Dans les villes escales (Marseille, Naples et Toulon) différents événements médiatiques et pédagogiques seront donc organisés :

Des conférences de presse.
Des conférences de presse pour permettre à la thématique Océan et Climat, et aux différents sujets portés sur cette mission, d’obtenir une exposition médiatique et publique maximale.
Des conférences grand public.
Organisées, en collaboration avec les scientifiques de la mission, pour mobiliser le grand public et les décideurs locaux sur les enjeux océaniques - en particulier la préservation de la Posidonie et de l’écosystème méditerranéen, les menaces qui pèsent sur lui, ainsi que les bonnes pratiques de préservation.

Des parcours pédagogiques pour les scolaires.
Collégiens, lycéens et étudiants seront invités à découvrir le navire et ses innovations pour une navigation durable en échangeant avec les membres d’équipage. Des ateliers interactifs, en collaboration avec des organisations françaises comme la Fresque Océane ou Ocean Academy, des associations locales, et les partenaires scientifiques de la mission, permettront d’explorer les liens étroits entre Océan Climat et biodiversité, et mieux comprendre les mécanismes complexes qui sont à l’œuvre dans cette interdépendance notamment à travers les enjeux de la préservation de la Posidonie et de la Méditerranée en particulier. Afin de maximiser le nombre de personnes sensibilisées, des actions médiatiques et pédagogiques seront également réalisées durant les navigations. Des influenceurs et média, ainsi que des classes des deux pays visités pourront entrer en contact avec l’équipage et les scientifiques à bord, afin de partager connaissance et expérience et découvrir « en live » cette aventure humaine et scientifique.
Tribune aux partenaires étrangers.
L’objectif est de booster la mobilisation des secteurs économiques impactant la Posidonie tels que l’aquaculture, l’ancrage, l’artificialisation et les pollutions terrestres.
Grâce à la mobilisation médiatique locale et internationale, aux campagnes digitales prévues avant pendant et après la mission, et aux conférences organisées durant les différentes escales, les différentes pressions identifiées par les partenaires scientifiques pour la Posidonie ainsi que les meilleures solutions pour les en préserver seront mises en lumière. Des ateliers dédiés aux problématiques localisées pourront également être organisés à bord du navire sur site avec les parties prenantes.

©ocean-developpement-ronan-gladu
Séminaire dédié au vélique dans la décarbonation du transport maritime.
Ce séminaire “Toutes voiles dehors pour la décarbonation du transport maritime” est une rencontre dédiée à l’échange d’expériences, à la diffusion d’innovations concrètes et à la co-construction d’un futur maritime plus sobre. Conçu comme un temps fort à bord du MODX 70, ce séminaire a pour ambition de réunir des acteurs du territoire et des porteurs de solutions engagés dans la transition énergétique maritime, pour partager leurs expertises et leurs approches.
