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Fondation 3 mars 2018

Histoires d'eau ...

Partis de Panama City, dans la nuit de mardi à mercredi dernier, le catamaran Race For Water évolue vers sa nouvelle escale, Lima au Pérou où il est attendu le 15 mars prochain. A bord, les 9 membres d’équipage sont contraints par une restriction d’eau due à un caprice du dessalinisateur qui a décidé de leur faire faux bond ; une réparation est en cours.Le moral des neuf reste au beau fixe avant le passage dans les jours à venir de la fameuse ligne de l’Equateur.

Récits et témoignages signés Eric Loizeau et Anne Le Chantoux.


La lune et l’océan – Copyright : Eric Loizeau

ERIC :  Vendredi 2 mars 2018 – Réflexions nocturnes

«  Belle mer, temps calme. Premier quart de nuit silencieux, laiteux, dans la clarté de la pleine lune tamisée par un léger voile de nuages d’altitude, cirrus de beau temps qui malheureusement ne nous apporteront pas cette averse salvatrice que nous attendons tous, privés pour un temps indéterminé de notre dessalinisateur lâcheur.

Cette nuit à minuit la brise du nord gaillarde toute la journée s’est faite évanescente en prenant de la droite (langage moderne de compétiteur figariste), c’est à dire venant à l’Est soit par notre travers tribord. Nous avons été bien inspirés d’utiliser notre Kite hier car ce sera probablement la seule occasion jusqu’à Lima….


Session de kite entre Panama et Lima – Copyright : Eric Loizeau

Restrictions d’eau douce à partir de maintenant, comme l’a annoncé notre capitaine avec cet air sombre qu’il sait prendre à certaines occasions. Donc ! Brossage de dents et toilette à l’eau de mer, pissottières ouvertes à l’arrière pour les garçons. Nous disposons de 50 petits litres journaliers pour arriver à bon port avec nos réserves actuelles. Heureusement, cette panne impromptue inattendue ne nous atteint pas au cours d’une longue traversée transocéanique. Dans notre situation actuelle, la côte la plus proche ne se situe qu’à 250 nautiques, soit à peine deux jours de mer. Nous ne nous trouvons pas en condition de survie! Ouf, vous voilà rassurés !

Quart de nuit solitaire, silencieux à bord de notre soucoupe volante flottante endormie. Café noir fumant dans tasse blanche de la nuit. AIS tout vert de cargo lointain nous rattrapant à 20 noeuds sous le vent. Doux balancement, doux bercement du bateau endormi roulant bord sur bord au gré des ondulations pacifiques océanes. Quart de nuit. Mollesse caresse du tiède vent d’est sur ma peau moite de rosée matinale.

Ce bateau solaire solitaire sur l’océan pacifique est tout à la fois un empire de silence et un éloge à la lenteur au calme et à la douceur. Un îlot de tranquillité magique au milieu de l’océan pacifique si grand, si calme ce matin. A l’ouest rien de nouveau. »

 

ANNE
« Notre escale de 10 jours à Panamá City c’est bien passée mise à part le fait de ne pas avoir été à quai suffisamment longtemps pour pouvoir se réapprovisionner en eau régulièrement.

Durant ces 10 jours notre plus grande contrainte n’a pas été d’être au mouillage, ça a été l’eau !  Imaginez-vous, 11 à vivre sur le Race For Water pendant l’escale. Chacun a vaqué à ses occupations : entretien du catamaran, accueil et visites du public et de la presse… ; tout cela par 30 degrés Celsius!!  Après cela, le soir, chacun rêve d’une bonne petite douche ! Or, pas possible ! Le plus gênant n’est pas forcément cette douche de confort, mais le manque d’eau potable. Les douches, les machines à laver on peut encore s’en passer, mais l’eau potable moins et acheter des bouteilles en plastiques… on évite.

Nous n’avons pas pu faire tourner notre dessalinisateur parce que l’eau au mouillage n’était pas la plus propre. Toutefois, on s’en est bien sorti pendant l’escale ; tout le monde a bien fait attention à sa consommation.

Désormais, nous sommes partis à 9, direction le Pérou avec environ 700 lites d’eau dans nos deux réservoirs. Ça suffit car une fois au large nous pouvons recommencer à faire de l’eau avec notre dessalinisateur. Le premier jour de ce convoyage jour, nous en avons tous profité pour faire des machines, laver le linge, remplir nos réservoirs : celui de 500 litres (le journalier) et celui de 1000 litres (réserve). Quand, tout d’un coup, le dessalinisateur s’est arrêté de fonctionner !!


Martin Gavériaux et Pascal Morizot en plein réparation !

Cela fait trois jours maintenant que Pascal (le capitaine) et Martin (l’ingénieur) sont sur le problème et essayent de trouver une solution. Nous sommes de nouveau en restriction d’eau. Il nous reste environ 500 litres. Nous lavons donc notre vaisselle à l’eau salée. Les douches aussi se font à l’eau de mer avec un mini rinçage à l’eau douce. Nous gardons notre eau pour nous hydrater, c’est le plus important.

Nous avons environ 12 jours de navigation pour arriver à Lima. Nous allons longer la côte afin de pouvoir, si nécessaire, s’arrêter sur le chemin pour s’approvisionner en eau.

En attendant, avec un peu d’huile de coude et le dessalinisateur manuel, j’arrive à produire 5 litres d’eau douce par heure et autant de litres de sueur !!! 🙂 🙂

Hormis ce « petit » souci d’eau, le moral est au beau fixe à bord de race For Water. »

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