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Fondation 26 février 2018

Rencontre

Lors de notre escale panaméenne, nous avons le plaisir de collaborer avec les équipes de Suez Amérique Centrale le temps de l’opération « RESIDUOS RECICLADOS, OCEANOS LIMPIOS* ». A cette occasion, nous avons pu rencontrer Madame Ana Giros, Directrice Général de la Business Unit Europe – Amérique Latine. Entretien croisé entre Marco Simeoni, Président de la Fondation Race For Water et Ana Giros.

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Quelle est votre vision du monde actuel et des problématiques majeures auxquelles les populations humaines font face ?

Ana Giros : Il y a trois axes de problématiques assez clairs. La première chose est que la croissance démographique est exponentielle. Ensuite, les populations se rassemblent autour des villes, ce qui est un gros enjeu pour la planète. Et enfin, le changement climatique qui impacte en termes de résilience et le quotidien des citoyens.

Marco Simeoni : En complément, il y a une fracture sociale de plus en plus importante entre les pays émergents et les pays dit développés. J’ai la chance de beaucoup voyager et je me rends compte que le fossé ne cesse de se creuser et ça m’inquiète énormément.
La mondialisation impacte fortement l’environnement. Il faudrait pouvoir ramener des activités au niveau local afin que les populations puissent retrouver des emplois et ainsi pouvoir améliorer leur qualité de vie. Nous avons été un peu loin au niveau mondialisation et il faudrait pouvoir remettre le curseur au bon niveau.

Selon vous, comment construire un avenir plus respectueux de notre planète ?

Ana Giros : Au niveau très macro, il y a un seul moyen : rendre l’économie circulaire. On avait misé sur une planète aux ressources infinies, or, on se rend compte que c’est fini.  Il faut nous orienter vers des modèles où les déchets des unsdeviennent une fois traités la matière première des autresd’un nouveau processus.

Marco Simeoni : Tout à fait. De plus, il existe aujourd’hui des technologies abouties permettant d’envisager une transition énergétique viable et durable. En revanche, notre modèle économique est à réinventer. Il est basé uniquement sur des considérations de profitabilité directe. Il devient impératif de prendre en compte les impacts sociaux et environnementaux, trop souvent négligés.

Pour vous, que représentent les océans ?

Ana Giros : Les océans représentent la vie ; la vie vient des océans et il faut les préserver pour qu’elle puisse perdurer sur la planète. Un élément important à appréhender : les océans nourrissent la moitié de la planète ; et un autre point qui est crucial :  ils participent activement à la régulation du le climat car ils absorbent plus de 90% de la chaleur cumulée dans l’atmosphère et 25% du CO2 créé par l’homme. Ils contribuent donc énormément à l’équilibre climatique des territoires.

Marco Simeoni : L’océan c’est la vie, c’est aussi l’avenir de notre planète. Pour moi, les océans sont synonymes de liberté, de voyages et d’inspiration. Ils nous permettent de respirer et de nous nourrir.  Ils sont aussi notre plus grande ressource en eau puisqu’ils représentent 97% de la ressource hydrique sur terre. Or, aujourd’hui, nous prenons les océans pour une énorme poubelle. Comme ils n’appartiennent à la fois à personne et à tout le monde, le sujet est complexe et peu d’entre nous se sentent concernés.

Suez et Race For Water ensemble à Panama, une évidence ?

Ana Giros : Une évidence au niveau local, parce que SUEZ est très présent au Panama, pays qui est notre hub pour toute l’Amérique Centrale et les Caraïbes. On y est depuis de nombreuses années et on continue de travailler avec la population panaméenne et les entités publiques pour développer les infrastructures en eau et puis travailler sur la partie performance des services du cycle municipal de l’eau. On commence à regarder les opportunités dans la gestion des déchets car on voit que le pays se mobilise sur ce sujet avec des idées très concrètes et industrielles de traitement des déchets, comme le programme BASURA CERO.
De plus nous sommes très engagés sur la protection des océans au niveau mondial. Ce partenariat local avec Race For Water matérialise des choses plus globales comme nos accords avec l’UNESCO et notre collaboration avec différentes COP à partir de la COP 21 et la feuille de route que le groupe SUEZ a sur le sujet des océans.

Marco Simeoni : Que dire de plus ! Cette collaboration est plutôt évidente puisque nous portons les mêmes causes. Tout d’abord, SUEZ a une branche spécialisée dans le traitement des eaux ; or l’objectif premier de la Fondation est de préserver l’eau au sens large. La seconde activité principale de SUEZ est la gestion des déchets ; Race for Water se bat pour empécher ces derniers d’atteindre les voies d’eaux. Dans ce sens, le travail de SUEZ est donc primordial, en amont et en parfaite complémentarité avec le travail de la Fondation sur le terrain.

Lors de cette escale panaméenne, quels enjeux locaux ont été évoqués en matière de gestion des déchets et préservations des ressources marines ?

Ana Giros : Je crois qu’au niveau local, il y a un focus très fort sur l’assainissement des eaux pour protéger la baie de Panama qui, à ce jour, est encore très polluée.
Sur la partie collecte des déchets solides, il commence à y avoir des initiatives qui se font. Maintenant, il faut passer à l’étape suivante : que faire de ces déchets en plus de les emmener dans les décharges municipales. Passer le cap  du traitement et de la valorisation des déchets permetra d’enrichir le pays et de créerde la valeur localement, c’est l’étape ultime que le Panama doit franchir !

Marco Simeoni : Pour ma part, je vais me focaliser principalement sur la problématique posée par les déchets plastiques car c’est le sujet de Race For Water.
Sur cette partie, j’ai cru comprendre que le pourcentage de plastique dans les déchets est plus élevé que la moyenne mondiale.
J’ai en tête 19% de plastique par rapport aux déchets générés alors qu’au niveau mondial c’est déjà 10 % ! On double presque les déchets plastiques à Panama ! Je n’en connais pas les raisons mais c’est inquiétant.
J’ai eu l’opportunité de me rendre à Portobello à 1h15 de route de Panama City. Tout au long du chemin, j’ai constaté la présence de déchets . Je me dis qu’il y a encore un travail important à faire d’éducation, de sensibilisation, de collecte et de traitement du déchet, particulièrement du déchet plastique.

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*Pour la première fois en Amérique centrale, un évènement dédié à la protection des océans et à la gestion des déchets a lieu du 22 au 25 février 2018 dans la ville de Panama (Fuerte Amador, Isla Flamenco) : « RESIDUOS RECICLADOS, OCÉANOS LIMPIOS ».  Aux commandes de cette initiative, le Groupe SUEZ et son invitée la Fondation Race For Water : les deux entités souhaitent grâce à diverses actions d’informations et d’animations locales, sensibiliser le grand public à la nécessité d’optimiser la gestion et promouvoir le recyclage des déchets. 

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