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Odyssée 17 février 2020

A propos des effets, ou plutôt des méfaits du Coronavirus !

Au mouillage devant l'île de Ishigaki, située à l'extrême sud du Japon, l'équipage de Race for Water - François Martin, Annabelle Boudinot, Basile Prime, Anne Le Chantoux et Christelle Brigeot-Mathieu - doit respecter une période d'isolement avant de pouvoir toucher le sol nippon.

"Malgré de gros coups de vent, tout va très bien à bord de notre Race for Water, " rapportait le capitaine François Martin ce lundi.

Récit complet d’Annabelle Boudinot , second capitaine, sur l’arrivée au mouillage à Ishigaki

« Nous avons quitté Hong-Kong il y a près de 10 jours à destination du Japon. Au moment de notre départ, le Japon avait accepté de nous accueillir en échange d’une quarantaine. Nous nous imaginions donc faire notre convoyage, puis être bloqués au mouillage encore quelques jours. Situation peu séduisante mais soit, nous nous étions fait à l’idée…

Le convoyage s’avérait peu confortable, c’est l’hiver dans l’hémisphère nord, les vents sont forts et contraires à notre route, et le soleil peu présent, ce qui est toujours gênant pour un bateau solaire.

La chance nous a toutefois un peu souri : une fenêtre météo s’est présentée qui nous permettait de contourner Taïwan par le nord pour atteindre rapidement l’île d’Ishigaki, au sud de l’archipel du Japon. 

La seule condition était de réussir à être suffisamment rapide pour atteindre l’île avant les vents forts qui allaient revenir sur nous. Ce que nous sommes parvenu à faire avec succès !

Mais nous n’avions pas imaginé à quelle point les autorités japonaises pouvaient être pointilleuses ! Arrivés à proximité de la première île (qui précédait notre destination), nous recevons un message, nous n’avons pas le droit d’entrer dans les eaux japonaises ! Trop tard nous sommes déjà dedans !

A ce moment-là, les conditions de mer sont pénibles, le bateau bouge et tape, nous voulions profiter de l’abri de l’île pour effectuer quelques bricolages délicats, nous nous étions donc approchés, sans arrière-pensées. Nous sommes alors assaillis par une avalanche de messages nous pressant de sortir immédiatement, nous changeons notre route, nous rallongeant par la même occasion le chemin…

Commence alors de longs échanges, en effet si nous n’avons pas le droit d’entrer dans les eaux japonaises, comment allons-nous nous abriter de la tempête à venir une fois à Ishigaki? Notre agent échange avec les garde-côtes, ils ne veulent rien entendre, ils souhaitent que nous arrivions le 25 février… Dans 11 jours !

Au petit matin, arrivant à proximité d’Ishigaki, nous restons donc sur la petite ligne de pointillé sur notre carte qui figure la limite des eaux japonaises… L’île se distingue dans la brume, il y a quelques pêcheurs autour de nous. Nous avons des nouvelles par mail à intervalles assez réguliers. Nous échangeons également avec l’équipe terre en France. Tout le monde se mobilise, et finalement nous rédigeons un courrier très officiel à l’intention des autorités maritimes, que l’ambassade de Suisse fera passer au ministère des affaires étrangères japonaises. Ce courrier expose le danger pour nous de rester en mer étant donné la météo à venir et la nécessité de nous autoriser à nous abriter de l’île. Hélas avec tous ces échanges, il est déjà trop tard ; la nuit tombe, nous sommes toujours en attente, faisant des ronds dans l’eau à proximité des pointillés…

Depuis le coucher du soleil le ton est monté, et nous avons même fini par informer les garde-côtes que l’obligation de mettre notre bateau en sécurité va nous conduire à contrevenir à leurs instructions. Nous allons mouiller, avec ou sans leur accord.

Finalement, à 20h00 locale, la nouvelle tombe, nous avons l’autorisation ! Il est trop tard pour approcher la baie, en effet elle comporte des patates de corail à certains endroits. Il est hors de question de l’approcher de nuit. Nous passons donc la nuit dehors, elle est heureusement calme. 

Nous nous approchons tout doucement de la baie. A 8h le matin, nous posons l’ancre ; à 9h00 ; il pleut averse, il y a 30noeuds – 60km/h de vent avec des rafales… Il était temps… Nous avons eu de la chance, si le vent était monté plus tôt, il aurait été extrêmement difficile pour nous de poser l’ancre. 

Nous sommes dans un trou de souris entre le corail, avec plus de vent il eut été autrement plus compliqué de correctement positionner le bateau pour ne pas abimer le corail…

Un bateau des garde-côtes est avec nous ; il nous garde à l’œil sûrement… Nous voilà ici pour 3 jours. Nous espérons qu’ils nous autorisent à rester là par la suite, et non à retourner en mer, errer en attendant la bonne date… Au moins à l’ancre, nos nuits sont complètes. »

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Merci à Annabelle pour son témoignage et à Christelle Brigeot-Mathieu pour les photos.
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